Centenaire de la Grande Guerre 1914-1918

La Première Guerre mondiale a amélioré la photographie aérienne, la géodésie, la cartographie et l’optique, mises au service de l’artillerie. Mais, pas plus que d’autres, ces avancées n'ont changé le cours d'un conflit qui fit dix millions de morts.
À l'occasion du centenaire de la Grande Guerre 1914-1918, l'IGN y a consacré un dossier complet d'IGN Magazine intitulé 14-18, ou la géographie des désastres. À découvrir également la carte éditée en partenariat avec la Mission du Centenaire et les comités régionaux et départementaux du tourisme des régions et départements couvrant la zone de front, ainsi que les cartes des batailles de Verdun et de la Somme (1916).

14-18, ou la géographie des désastres

La guerre de 1914-1918 dura plus longtemps que n’avait duré aucune guerre récente. Elle fit plus de morts, redessina mal l’Europe, et engendra la Seconde Guerre mondiale vingt ans plus tard. Elle balafra la carte de France au long de 600 km de ligne de front, le temps que repousse la forêt, mais meurtrit les mémoires pour bien plus longtemps.
Elle fit deux millions de morts français et en blessa au moins autant. Elle fut réellement mondiale, s’exporta jusqu’en Afrique, faillit le faire en Amérique. Elle marqua la littérature, les mémoires. Son souvenir depuis est planté sur chaque place de village français où s’allongent en capitales les listes de Louis, d’Antonin, de Côme, d’Alfred, de Jules ou d’Émile - et si souvent deux, trois ou quatre prénoms pour un même nom de famille.

Canon de campagne et lunette de visée

La guerre de 1914 aurait dû être la répétition, côté allemand, ou la revanche, côté français, de la souveraine humiliation que les armées françaises subirent en 1870. Le plan Schlieffen, élaboré en 1905, prévoit de déborder les armées françaises pour parvenir à Paris en une quarantaine de jours. Le plan français aussi dessine une guerre de mouvement, qui doit vite être portée sur le sol allemand. Les cartes sont prêtes - y compris les cartes de l’Allemagne. Mais aucun plan ne tiendra. Aucune stratégie : les alliés gagneront en 1918, sur le front ouest, par épuisement et grâce au renfort de deux millions d’Américains. Aucune technologie, si nouvelle soit-elle, n’aura fait la différence.

La guerre ? En 1914, les états-majors savent la faire - du moins ils le pensent. Ils ont des références : elles remontent souvent à Napoléon. Ils ont une culture. Elle est souvent dépassée, mais ils n’en savent rien. Ils s’intéressent à l’aviation, mais dessinent des mouvements de cavalerie.

Fantassins français sur le front

Au déclenchement du conflit, en août 1914, l’armée française s’appuie sur ses cartes d’état-major au 1 : 80 000. Elle a aussi pris soin de faire confectionner des cartes au 1 : 200 000, plus aptes selon elle aux vastes manœuvres des corps d’armées, aux mouvements de troupes aux encerclements qu’inlassablement, un œil sur Iéna, un autre sur Waterloo, on répète dans les écoles militaires : on voit la guerre en grand, à l’échelle des divisions.

Très vite, la guerre va changer de nature et obliger le Service géographique de l’armée à revoir sa copie. Ce qu’il fera, très rapidement. Très vite, il changera d’échelle. Comme la guerre. Mais en matière de cartographie et de renseignement géographique, comme dans d’autres, moderne n’a pas un sens absolu... Moderne veut ainsi dire adaptation, aussi souvent qu’invention. La photographie aérienne n’est que le mariage de deux technologies d’avant-guerre. Son utilité est presque instantanément reconnue, et l’exploitation des images progresse très vite. Et pourtant...

Les cartes de la guerre

À l’été 1914, les cartes militaires ressemblent à celles dont disposait Napoléon. En quelques mois, pour les besoins de l’artillerie, elles se muent en relevés topographiques au 1 : 20 000 remis à jour par observation aérienne et calés sur une projection Lambert. La couverture d’un pays à grande échelle est née.

Cartographie de la zone de front

Pour approfondir : lire le dossier complet dans IGN Magazine n°74

La Grande Guerre en images par Louis Hurault, le père-fondateur de l’IGN

Le général Louis Hurault

Louis Hurault (1886-1973), polytechnicien à 20 ans, servit dans l'artillerie pendant la Grande Guerre, et fut blessé à Verdun. Passionné de photographie stéréoscopique, il nous a laissé des milliers de clichés en 3D sur plaques de verre. Les photos illustrant cette page ont été extraites de cette collection.

Affecté en 1919 au Service géographique de l’Armée (SGA), Louis Hurault en devint directeur en 1937, puis fut promu général en 1939. En 1940, il transforma le SGA, militaire, en Institut géographique national, civil, pour que la cartographie française échappe à l’envahisseur allemand. Cette véritable opération de camouflage permit de couvrir les nombreuses actions de résistance de l'IGN. Le général Hurault dirigea l’institut jusqu’en 1956, année qui le vit atteindre la limite d’âge.

Soldat posant devant des camouflages

La carte de la Grande Guerre 1914-1918

Carte de la Grande Guerre 1914-1918

A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’IGN a édité la carte de la Grande Guerre 1914-1918 en partenariat avec la Mission du Centenaire et les comités régionaux et départementaux du tourisme des régions et départements couvrant la zone de front.

Couvrant toute la zone de front de la Suisse à la mer du Nord à l’échelle 1 : 410 000 (1 cm = 4,1 km), cette carte présente les lignes de front, les lieux de mémoire (mémoriaux, cimetières militaires, anciens ouvrages militaires, musées), les lieux de bataille et des chemins de mémoire.

Réalisée en partenariat avec la Mission du Centenaire, les comités régionaux et départementaux du tourisme des régions et départements couvrant la zone de front, cette carte est disponible sur la Boutique loisirs de l'IGN, dans le Géoroom à Saint-Mandé (Val-de-Marne), ainsi qu'en librairies et magasins spécialisés.

La légende apparaît dans les trois langues : français, anglais et allemand.

La carte de la Grande Guerre 1914-1918 existe aussi en version poster plastifié.

Extrait de la carte de la Grande Guerre 1914-1918

Les cartes des batailles de Verdun et de la Somme

Cartes des batailles de Verdun et de la Somme

À l’occasion du centenaire de ces batailles, l'IGN a édité les cartes « Bataille de Verdun » et « Bataille de la Somme » en partenariat avec la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

À l'échelle 1 : 75 000 (1 cm = 750 m), ces cartes présentent les lignes de front et les lieux de mémoire (mémoriaux, cimetières militaires, anciens ouvrages défensifs, musées).
La légende et les informations éditoriales sont proposées dans les trois langues : français, anglais et allemand.

Les cartes des batailles de Verdun et de la Somme sont disponibles sur la Boutique loisirs de l'IGN, dans le Géoroom à Saint-Mandé (Val-de-Marne), ainsi qu'en librairies et magasins spécialisés.

 En savoir plus sur la carte de la bataille de Verdun
 En savoir plus sur la carte de la bataille de la Somme

Dans le Géoroom, découvrez la carte en relief de la bataille de Verdun à l'échelle 1 : 23 000 !

Sur l’Espace loisirs, découvrez également des parcours et des points d'intérêt sur le thème de la Grande Guerre, dans la Somme et dans la Meuse.

La carte de la bataille du Chemin des Dames

Carte du Chemin des Dames 1917

À l’occasion du centenaire de cette bataille, l'IGN a édité la carte du « Chemin des Dames » en partenariat avec le département de l’Aisne, qui fut particulièrement touché par les combats, de Saint-Quentin à Château-Thierry.

À l’échelle du 1 : 75 000, cette carte de tourisme mémoriel met en valeur les villages détruits ainsi que tous les lieux de visites, les vestiges militaires accessibles ou non, les monuments commémoratifs, les cimetières français, allemands ou anglais. Les textes en marge rappellent la chronologie de cette bataille depuis le premier repli allemand sur la ligne Hindenburg en mars 1917 jusqu’au dernier, sur l’Ailette, le 2 novembre, en passant par les offensives françaises des généraux Nivelle puis Pétain.

Un zoom sur le Chemin des Dames met en exergue la topographie des lieux de ces affrontements en localisant précisément la Caverne du Dragon ou le village de Craonne rendu tristement célèbre par la chanson.

 En savoir plus sur la carte de la bataille du Chemin des Dames

Mis à jour le 
31/01/2017