Galileo Galilei, la révolution de la pensée

Assigné à résidence dans sa villa d’Arcetri (près de Florence - Italie), un savant fête son soixante-seizième anniversaire aujourd’hui, mercredi 15 février 1640. Il est enchanté de recevoir la visite de notre envoyé spatiotemporel spécial : elle prouve que la bataille de sa vie n’aura pas été vaine, car l’histoire s’est souvenue de lui…

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IGN : Galileo, vous êtes avant tout un expert en mécanique. Pouvezvous nous parler de quelques uns des appareils que vous avez inventés ?
Galileo Galilei : Mes premières créations ont été des pendules, dont le mouvement oscillatoire m’a fasciné dès mon enfance. C’est d’ailleurs grâce à cela que, en 1586, j’ai pu mettre au point un pulsomètre qui a fourni un étalon de temps, ce dont on avait grandement besoin. Il y eut ensuite un compas de proportions, une pompe à eau… Mais l’invention qui m’a le plus servi, c’est la lunette astronomique. J’en suis assez fier, car je ne suis pas un spécialiste de l’optique.

IGN : Est-ce grâce à elle que vous avez découvert les quatre grands satellites de Jupiter ?
GG : Tiens ? Vous employez “satellite”, le mot inventé par Kepler, pour parler des étoiles Médicées ? Dommage… Quoi qu’il en soit, c’est exact, mais mes travaux astronomiques ont surtout porté sur la Lune. J’y ai découvert des montagnes, pour contredire une fois de plus les écrits d’Aristote et de Ptolémée.

IGN : Pourquoi “une fois de plus” ?
GG : Toutes les découvertes astronomiques et géographiques des derniers siècles démentent les anciennes théories. Ainsi, le système héliocentrique de Copernic semble beaucoup plus proche de la réalité que notre vision de la Terre au centre de l’univers héritée de la Grèce ancienne. Mais, comme c’est très difficile à prouver par la méthode universitaire appelée “scolastique”, qui est entièrement basée sur les références littéraires au détriment de l’observation, je me suis fait beaucoup d’ennemis.

IGN : Mais avez-vous reçu des soutiens ?
GG : Oui, heureusement ! Notamment de la part des membres de l’Académie des sciences du Vatican, les Lynx, qui m’ont appuyé et m’ont même offert une place parmi eux en 1611. Rien d’étonnant car, même ecclésiastiques, ils sont avant tout des scientifiques. Mes observations et calculs ne les gênaient donc en rien. C’est avec les théologiens que j’ai eu des problèmes. Sur les conseils du pape Urbain VIII, un très bon ami, j’ai essayé de présenter l’héliocentrisme à leur manière, en le confrontant par le discours aux idées géocentriques. J’ai ainsi écrit le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde en 1632 et déclenché un vrai tollé… La scolastique présente de nombreux avantages mais, en matière de science expérimentale, elle fait la preuve de ses limites. Il nous faudrait une nouvelle forme de démonstration, adaptée spécifiquement à la science. J’ai entendu dire qu’un philosophe français venait d’écrire un intéressant discours(1) à ce sujet.

IGN : Oui et, d’ailleurs, c’est la mauvaise réception de votre Dialogue qui l’a persuadé d’élaborer une nouvelle méthode. Elle finira par avoir beaucoup de succès. Grâce à elle, entre autres, la preuve de l’héliocentrisme sera apportée au siècle prochain et il sera ainsi universellement accepté.
GG : C’est heureux. Mais vous verrez que cette méthode finira par avoir des limites, elle aussi… Après tout, c’est le destin de toute méthode, n’est-ce pas ?

                         

(1) Discours de la Méthode, René Descartes (1637)

Mis à jour le 
21/05/2015