Mission : Saint-Pierre et Miquelon

Mai - Juin 2018

Mission : Saint-Pierre et Miquelon

Jusqu'au 6 juillet 2018, une équipe de sept agents IGN va parcourir l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon et vivre une aventure scientifique et humaine hors du commun. Sa mission : constituer un réseau de points de repères pour l'équipement cartographique du territoire, un préalable indispensable aux travaux d'aménagement.

Parmi ses missions, l’IGN a en charge la constitution et la gestion du système national de référence qui constitue le socle légal de toute géolocalisation. C’est à ce titre que nos agents interviendront sur le terrain pendant six semaines. Leur mission consistera à améliorer l’exactitude et la précision du réseau géodésique de l’archipel par des méthodes et à l'aide d'un matériel de haute technicité.

Pourquoi cette mission ?

L’objectif est de disposer d’un ensemble de points de repères fiables à un niveau centimétrique sur ce territoire dont l’aménagement est soumis à de fortes contraintes. L’archipel doit en effet faire face à d'importants risques liés aux changements climatiques, tels que l’évolution du niveau de la mer ou l’érosion littorale.

L’équipe travaillera ainsi en étroite relation avec la Direction des territoires, de l’alimentation et de la mer (DTAM), l’administration locale qui mène d'ores et déjà des études relatives à la vulnérabilité du territoire aux effets des changements climatiques.

L’équipe

L’équipe est composée de sept géomètres de l’IGN experts en géodésie, recrutés en interne parmi de nombreux candidats pour leurs compétences techniques, humaines mais aussi pour leur condition physique.

L'équipe de la mission Saint-Pierre et Miquelon
L'équipe de la mission Saint-Pierre et Miquelon

Épisode 1 : Arrivée à Saint-Pierre et transfert à Miquelon 

Après deux escales au Canada, à Montréal puis à Halifax, notre équipe a rejoint Saint-Pierre puis Miquelon pour récupérer les 900 kilos de matériel arrivés par bateau au terme d'un voyage de six semaines en mer. Elle a rencontré les agents de la Direction des territoires, de l’alimentation et de la mer (DTAM) qui, en tant que partenaire de la mission, prend en charge une partie du financement des opérations. Elle s’est également entretenue avec le délégué au préfet de Miquelon, la maire de Miquelon/Langlade et le conseiller territorial de Miquelon dans le but de leur présenter les objectifs de la mission et d’obtenir les autorisations d’implantation sur le territoire. Le travail peut commencer.

 

Saint-Pierre   nolhan-ava

Déchargement du matériel   Préparation logistique de la mission

 

Épisode 2 : La reconnaissance du territoire

La première étape du travail consiste à effectuer une reconnaissance du territoire et à trouver des points de repères d’altitude connue. Après avoir étudié le relief et consulté des photographies aériennes, l’équipe s’est mise à la recherche de bornes géodésiques installées par l'IGN dans les années 1950. Cette étape dite de reconnaissance du « rattachement altimétrique » est essentielle pour disposer de repères pour les futures mesures d’altitude. Sur place, certaines des bornes se sont révélées inexploitables car trop recouvertes par la végétation. À l’aide d’une carte IGN et d’une bonne paire de jumelles, nos agents ont alors dû chercher à pied d’autres sites plus dégagés.

Reconnaissance du territoire

Reconnaissance du territoire

Un peu de technique…

En métropole, le point fondamental relié au niveau d’altitude 0 se trouve au marégraphe de Marseille. Les altitudes des points de référence de la métropole ont été déterminées depuis ce point fondamental par des opérations de nivellement direct. 

Le nivellement direct, ou nivellement géométrique, consiste à mesurer la différence d’altitude à partir de visées horizontales. Cette opération s’effectue à l’aide d’un niveau qui matérialise une ligne de visée horizontale et d’une règle graduée verticalisée appelée mire. Ce type d’opération n’est possible que par voie terrestre. C’est la raison pour laquelle la Corse dispose de son propre référentiel altimétrique.

L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon est constitué de deux îles principales (Saint-Pierre et Miquelon/Langlade). Il est donc impossible de procéder à un nivellement direct. Toutefois, les deux îles n’étant éloignées que de huit kilomètres, il est possible de constituer un système altimétrique unique par rattachement. On parle alors de nivellement indirect ou trigonométrique. Celui-ci consiste à déterminer la dénivelée entre deux stations par des mesures de distances spatiales et d’angles zénithaux. 

Ce type de rattachement altimétrique est très rare sur le territoire national. Il n'est possible que pour des îles proches les unes des autres, comme par exemple ici pour l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. 

→ En savoir plus sur le nivellement

 

Épisode 3 : Saint-Pierre et Miquelon face aux changements climatiques

Saint-pierre et Miquelon est un archipel français situé dans l’Océan Atlantique Nord. Il est composé de plusieurs îles dont Saint-Pierre, Miquelon-Langlade, l’île aux marins et plusieurs petites îles inhabitées. Sa superficie totale est de 242 km2. Ce territoire est particulièrement soumis aux effets des changements climatiques et doit faire face à des risques littoraux importants. Son trait de côte recule sous l’effet de l’érosion et ses zones basses, les plus peuplées, sont confrontées au phénomène de submersion marine. 

Saint-Pierre et Miquelon

Dans ce contexte, la Direction des territoires, de l’alimentation et de la mer (DTAM) a lancé l’instruction d’un plan de prévention des risques littoraux (PPRL) qui intervient sur les aménagements futurs de l'archipel. Ce plan répond à deux objectifs : accompagner l’urbanisation dans les zones exposées et fixer les conditions d’occupation des sols pour limiter la vulnérabilité face à ces risques. 

Le travail effectué par l’IGN sur le terrain avec le soutien de la DTAM doit faciliter l'action de l’administration locale sur ces sujets. Les acteurs de l’archipel doivent en effet disposer de référentiels géodésique et cartographique précis pour l'aménagement du territoire et la prévention des risques.

À noter : hormis l’élévation du niveau de la mer attribuée aux changements climatiques, l’archipel est aussi exposé aux aléas météo-marins propres à cette zone géographique (dépressions subarctiques, cyclones, tsunamis…). 

→ Localiser et visualiser l'archipel sur le Géoportail 


Qu’est-ce que la géodésie ?

L’activité géodésique consiste à déterminer très précisément les coordonnées géographiques (latitude, longitude, hauteur) d’un ensemble de points de référence, et, pour certains d’entre eux, à associer une valeur de pesanteur ainsi qu’une information sur leur altitude.

Les réseaux ainsi constitués jouent un rôle essentiel dans l’aménagement des territoires. Ils servent en tout premier lieu à l’établissement de la cartographie, qui est ensuite utilisée pour la mise en place des équipements : infrastructures routières, voies ferrées, réseaux hydrographiques, ouvrages d’art…

L’arrivée des constellations de satellites de type GNSS a amélioré la précision et la rapidité des déterminations ; l’installation au sol de stations permanentes permet une meilleure localisation absolue des territoires au sein d’une même référence mondiale.

En savoir plus sur la géodésie

Mis à jour le 
15/06/2018
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